De l'interdiction des cumuls
Soumagne, le 22 octobre 2006.
Profitant du fait de son éviction des gouvernements
régionaux et communautaires et soudain soucieux de la bonne
gouvernance,
le MR proposerait selon « le
Soir » de ce 20-10 d’interdire aux membres
de ces gouvernements de se présenter aux
élections fédérales afin
d’éviter les « candidatures
virtuelles ».
S’il s’agit néanmoins d’un pas
dans la bonne direction, les
dernières élections communales et leurs
péripéties post-électorales ont
cependant démontré que
c’était loin d’être suffisant
pour assainir le système.
N’a-t-on pas vu nombre de nos parlementaires et ministres de
tous bords se
présenter en candidat « Bourgmestre
virtuel » et déserter leur
fonction pendant plusieurs semaines pour se consacrer à la
campagne électorale.
Entre autres dysfonctionnements, ceux-ci ont la même
origine :
le cumul de mandats de
différents niveaux de pouvoir.
Jusqu’à présent, on a trop souvent
présenté le cumul comme
un problème de rémunérations, ce qui
relève de l’éthique personnelle et pas
assez comme un conflit d’intérêt, ce qui
relève de la bonne gouvernance,
malmenée en l’occasion par l’intrusion
de plus en plus grande des responsables
de partis dans les problématiques de gestion locale.
Cependant, le principe n’est guère
contesté : on ne
peut à la fois être contrôleur et
contrôlé.
Tout en laissant la liberté à un mandataire de
changer de
voie, le remède est tout aussi simple et pourrait
être appliqué à toutes les
élections, quel que soit l’échelon.
Il suffirait de
l’énoncer ainsi :
« Tout candidat
à un scrutin est en cas d’élection
automatiquement démissionnaire de tout autre
mandat politique. En cas d’élection
simultanée (ex : provincial et
communal), il y aurait démission du niveau
inférieur ».
Mais qui, excepté Écolo, osera avancer une telle
proposition
dans un parlement constitué d’une
majorité de cumulards ? Probablement
personne, sauf si des abus caractérisés sont
commis de façon telle qu’ils
provoquent un scandale médiatisé.
Car le paradoxe est là et la Carolorégienne en
est un
exemple édifiant. Ce sont ceux qui ont outrageusement
abusé du système qui ont
permis de mettre le sujet à l’ordre du jour et
d’engranger de substantiels
progrès démocratiques, par exemple dans la
gestion des logements sociaux.
Doit-on les
en remercier ?
Pascal ETIENNE.